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N° 54 (mars 2007)
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Les familles pauvres sont-elles plus mal traitées en France ? Une comparaison des revenus minima garantis dans douze pays européens

Antoine MATH

Cet article compare le niveau de revenu garanti aux personnes pauvres d'âge actif dans douze pays européens de développement économique comparable (Danemark, Finlande, Suède, Islande, Norvège, Allemagne, Autriche, Belgique, France, Pays-Bas, Irlande, Royaume-Uni). La méthode retenue est celles des cas-types (model cases). Elle permet de prendre en compte les revenus minima garantis pour les ménages à l'assistance, mais aussi d'autres éléments de la redistribution (prélèvements, prestations familiales, aides au logement, frais de garde des enfants d'âge préscolaire, etc.). Elle permet de distinguer différentes configurations familiales variant par le nombre d'adultes (1 ou 2), le nombre d'enfants (0 à 3) et la présence ou non d'un enfant en bas âge. Deux séries de résultats émergent. La première série de résultats montre que le niveau de revenu minimum effectivement garanti aux pauvres d'âge actif sont les plus faibles en France et en Allemagne. Si on ne tient pas compte des aides au logement, les montants garantis sont très supérieurs aux montants français dans tous les autre pays (de 30 à 40 % au Royaume-Uni et en Finlande jusqu'à 150 % au Danemark). En tenant compte des aides au logement, les écarts se réduisent. Les montants demeurent néanmoins supérieurs aux montants français, de l'ordre de 20 % en Finlande, en Suède, en Belgique et en Allemagne (10 % environ pour les parents isolés dans ces pays), de l'ordre de 40 à 50 % aux Pays-Bas, en Norvège, au Royaume-Uni, en Islande et en Autriche et d'environ 60 % au Danemark. La deuxième série de résultats porte sur l'incitation financière des ménages pauvres à passer d'une situation de non emploi à une situation avec un emploi à faible revenu (la moitié du salaire des personnes travaillant à temps plein, soit environ une fois le Smic temps plein en France). Cette incitation est la plus forte en Irlande, aux Pays-Bas et en France. Ces résultats montrent que la France, avec le RMI et l'API, ne souffre pas d'un problème spécifique de désincitation financière des bénéficiaires de l'assistance par rapport à des pays de développements économiques comparables.

En bref...